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Moto-Tour 2017 en 125 : L'heure du bilan

Info - Publié le vendredi 20 octobre 2017 à 17:20 par Ludovic Vidal

Il y a une semaine à cette heure-ci, j'étais encore bien loin de Toulon, durant une étape marathon qui aura amplement mérité son nom. Après les quelques jours nécessaires pour digérer cette incroyable aventure vient l'heure de dresser un bilan. On repart quand ?

Logo du Moto Tour 2017Depuis que l'épreuve a fait son retour, je la surveille de loin, me disant que ceux qui prennent part à ce rallye hors-normes ont un sérieux grain. Huit jours de moto, généralement sur des routes que les motards fuient le reste de l'année tant elles sont piégeuses et mal revêtues, des changements de direction toutes les trois minutes et des départ à des heures indues : tu parles d'un programme. Et pourtant, alors que 2017 aura été la dernière année avec un rallye sous cette forme, je me suis laissé embarquer dans l'aventure, comme nous le racontions dans ce premier article. Avec un temps de préparation aussi court, l'histoire promettait d'être épique. Elle aura été pire. Et finalement mieux. Oui, c'est compliqué mais comme tout projet hors du commun, c'est au bout de quelques jours que la trame générale de ce qu'on vient de vivre se dessine, estompant les galères pour ne garder que le meilleur. Et le meilleur a un nom ; ou plutôt une douzaine.

Moto Tour : Un enfer. À fuir. À faire.


Je ne vous referai pas ici le récit détaillé de chaque journée passée sur le rallye, vous pouvez pour cela vous diriger vers le blog de la rédaction où un billet a été publié chaque soir :

Un banc d'essai on ne peut plus adapté


Moto Tour : Le départ avant la spéciale du Mont FaronProfessionnellement, participer à ce rallye était une occasion parfaite de tester (et d'éprouver) quelques équipements. Avec environ 3 000 kilomètres dans toutes les conditions en un laps de temps aussi court, les qualités et les défauts sont rapides à discerner. Vous retrouverez donc bientôt les essais détaillés des gants Held Air n Dry promis racing et/ou étanches, du casque Arai Chaser-X qui aura connu les deux pires journées du rallye, de la combinaison RST R-16 qui prouve que la valeur n'a pas forcément grand chose à voir avec le budget, les sous-vêtements techniques Skeed Mugello, les bottes TCX X-Five Plus Gore-Tex ainsi que deux gilets airbag : le mécanique Allshot Bumper et l'électronique In&motion. À ce sujet, un grand merci aux marques qui ont envoyé du matériel spécifiquement pour cette épreuve, notamment Bihr (pour RST ou Arai par exemple) et Allopneus qui a fourni des pneus pour tout le team.

D'un point de vue plus personnel, j'ai perdu des potes sur ce rallye mais parce qu'ils sont devenus des amis. Et j'ai découvert des gens incroyables. Les termes "aventure humaine" et "grande famille" sont terriblement galvaudés, surtout dans la moto où les faux-amis sont nombreux. Et pourtant, après avoir fréquenté de nombreux milieux du sport moto, c'est vraiment dans le rallye routier que j'ai pu constater la vraie entraide. Tu as un souci sur ta moto pendant l'épreuve ou le soir venu ? Tu peux aller sur le stand voisin, ils feront tout pour te dépanner et te permettre de repartir le lendemain, même si tu es leur concurrent direct. Je pourrais vous parler d'Aurélien qui m'a prêté, au pied levé, une sacoche de selle assez grande pour éviter la pénurie en eau à mon moteur ou des membres de l'assistance d'un autre pilote qui ont retendu ma chaîne en 3 minutes juste avant l'ultime spéciale.

Moto Tour 2017 : L'attente avant la spéciale de ChambonchardNous avons partagé ce Moto Tour avec Sonia Barbot qui a triché en prenant une KTM 690 Duke et Morgan, lui aussi en 125 (Aprilia RS) qui s'était exilé sous un autre barnum mais tous deux sont des pilotes d'un autre niveau. Notre team, composé de 5 pilotes, ne comptait que des 125 cm³. Et c'est sans doute parce que nos machines à la puissance ridicule face aux autres concurrents ne nous permettaient pas de viser le podium au classement général que nous avons pu rouler sans pression. Pas sans peur en ce qui me concerne car je garderai longtemps le souvenir de ma 1re montée du Mont Faron, à la fois surexcité et terrorisé.
Même en étant un débutant total dans la catégorie, le Moto Tour, sans doute plus que les autres rallyes routiers à cause de sa longueur et de la fatigue engendrée, est un enfer. Il faut être fou pour avoir envie de le faire et totalement cinglé pour passer à côté.
L'arrivée a eu lieu le samedi et je suis rentré chez moi le lendemain, me répétant qu'on ne m'y reprendrait pas. Aujourd'hui, je n'ai qu'une envie : y retourner. Le Moto-Tour, tel qu'on l'a connu, c'est terminé. J'aurais eu la chance d'y participer mais j'aurais surtout eu la chance de le faire en côtoyant des motards géniaux et des êtres (vraiment) humains formidables.

Le Moto Tour, c'est aussi les soiréesMerci à Stéphane pour m'avoir invité et pour ses conseils de pilotage, à Maxence pour m'avoir confirmé qu'on peut ne pas freiner au bout de la ligne droite à Issoire même si je n'ai pas réussi à l'imiter, aux guerrières Mylène et Sandrine pour leur incroyable pugnacité à finir ce Moto Tour en étant blessées comme elles le sont (côte fêlée pour l'une et ligaments du genou en vrac pour l'autre), à Landry pour son assistance de haut vol sur le routier, à Mathias pour avoir fait du Moto Tour le seul rallye sur lequel tu prends du poids (ah merci hein !), à Sonia pour sa bonne humeur et avoir prouvé à ceux qui en doutaient que le talent au guidon n'est pas fonction des chromosomes, à Christophe pour sa maîtrise du sèche-cheveux sur radiateur, à Bruno pour son calme salvateur, à Claude pour avoir sa gestion de l'intendance et à Morgan pour son indécrottable classe de gentleman rider, quelles que soient les circonstances. Impossible de finir sans remercier Germain qui a eu la folie de me confier sa moto pour cette épreuve et Émeric qui aura sans doute passé autant d'heures la tête dans le moteur que moi sur la selle.

Vous avez l'occasion de partir faire un rallye routier ? Foncez ! Vous avez peur d'être au fond du classement ? On s'en fiche ! Je termine ce Moto Tour sur le podium 125 mais 100e au général et pourtant, cela va figurer parmi mes plus beaux souvenirs à moto. Vous n'avez rien à prouver à personne sinon à vous-même. La plus belle des victoires, c'est de pouvoir dire « je l'ai fait ». Alors, faites-le.

La finale au Mont Faron pour le Moto-Tour 2017 – Photo Cécile Ganna

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