Endurance moto : 24 heures de stress pour les pneus
Info - Publié le vendredi 7 septembre 2012 à 12:53 par Corinne Montculier
Les 24 Heures du Mans moto commencent demain. Point crucial : le changement des pneus. Avant d'arriver au pistolet pneumatique, comment se gère ce point de la part des manufacturiers représentés ? Reportage lors d'une épreuve mythique : le Bol d'Or.
Pendant une course d'endurance, le seul contact des pilotes avec le sol, hors cascade imprévue, ce sont les pneus de la moto. Quelques cm² à l'adhérence primordiale et dont l'usure est surveillée de près par les teams. Une gomme mal adaptée aux conditions de la piste et c'est le risque de mauvaises sensations pour le pilote, donc de retards, voire de chute. Un changement de trop, et ce sont de précieuses secondes perdues par rapport aux concurrents. Les équipes privées, qui ne disposent pas des mêmes moyens que les teams officiels, changent en moyenne l'avant toute les 4 heures et l'arrière toutes les 2 heures.
Avant le montage, de nombreuses étapes
Quand le pilote rentre au stand, les pneus sont sous couverture chauffante depuis au moins une heure et sont prêts à être montés sur la moto, avec un mécano pour chaque roue. Cette opération qui ne prend que quelques dizaines de secondes est la dernière d'une longue chaîne qui a commencé des heures, voire des jours auparavant.
Les fabricants de pneus arrivent en même temps que les teams, plusieurs jours avant la course, avec des camions chargés à ras bord. Les camions Michelin sont même pour certains équipés de portes automatiques qui permettent de chauffer l'intérieur, pour garder les pneus à une température qui facilite leur montage.
Les équipes peuvent acheter leurs pneus où ils le veulent et les faire monter dans les ateliers des fabricants. Elles peuvent également les acheter sur place, ne prenant ainsi que les gommes dont elles ont besoin. L'offre est vaste, pour répondre aux conditions climatiques et aux préférences des pilotes : au dernier Bol d'Or, Michelin proposait plus de 8 références dont un pneu mixte fabriqué sur place à partir d'un slick retaillé, Dunlop trois références pour le sec à l'avant, six pour le sec à l'arrière et une référence pour le mouillé et seulement trois références pour Pirelli.
Le montage est fait par des équipes de trois techniciens, qui se relayent pendant les 24 heures afin d'être toujours disponibles. Chez Dunlop, comme dans beaucoup d'entreprises britanniques, on travaille au rythme du rock anglais. Pour Michelin et Pirelli, l'ambiance est plus studieuse, dans un silence total.
Les ateliers de montage sont au fond du paddock, relativement loin des stands. Une fois la course commencée, c'est la valse des pneus à travers tout le paddock, avec des solutions diverses, motorisées ou non, pour transporter les gommes : à pied, avec un chariot, sur remorque attachée à un scooter.
Photos : Corinne Montculier











