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Airbags moto, norme et certification : Attention !

Info - Publié le lundi 25 novembre 2013 à 19:45 par Ludovic Vidal

La finalisation de la norme sur les airbags moto va-t-elle enfin permettre de choisir un produit certifié ? Ce n'est pas certain : la France a émis une objection formelle. La faute à des méthodes jugées inadaptées par les laboratoires de certification. Explications.

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect AirLes airbags destinés à une utilisation sur un deux-roues motorisé sont toujours plus nombreux sur le marché tandis que les motards et scootéristes semblent être de moins en moins réticents à l'idée d'en porter un dans certaines conditions. Et pourtant, la norme définissant les critères de certification de ces produits de sécurité n'est pas là. Enfin, elle a été finalisée mais n'est pas harmonisée suite à une demande de la France estimant qu'elle est insuffisante. Alors, votre airbag, certifié ou pas ?

Norme EN 1621-4 : Une opposition formelle

En janvier 2012, nous vous indiquions que la norme EN 1621-4, traitant spécifiquement des airbags pour motard, n'était pas encore finalisée et que, en attendant qu'elle le soit, un certain flou entourait cet équipement puisque aucun fabricant ne pouvait, fort logiquement, se targuer de proposer un airbag certifié. Avec la finalisation de cette norme en 2013, on aurait pu croire que c'en était fini. Mais il n'en est rien, car plusieurs points de cette norme font débat. En l'occurrence, c'est de la France qu'est venue l'objection formelle, portant sur des points techniques précis que nous allons détailler pour vous aider à y voir plus clair.

Un protocole qui fait débat

Gilet airbag électronique moto et scooter sans fil Dainese D-Air StreetSi la norme EN 1621-4:2013 est bien publiée, l'objection formulée par la France bloque l'harmonisation de la norme. Et c'est un point crucial, car tant que la norme n'est pas harmonisée, un gilet répondant à la norme actuelle ne peut prétendre à une certification européenne. Les objections de la France portent sur des points que nous avions déjà évoqués l'an passé dans notre entretien avec Alexandre Adalbert du CRITT (un laboratoire certifié).

Premièrement, le mode de mesure mentionné par la norme pour déterminer le temps de mise à disposition (de gonflage) est, d'après les objecteurs, totalement inadapté. La norme indique que cette mesure doit être faite avec une caméra. On stoppe le chronomètre quand le dispositif est à son volume maximal. Or, la pression n'y est pas forcément suffisante pour protéger efficacement car elle continue d'augmenter par la suite. En l'état actuel, la norme permet donc de valider des airbags annonçant un temps de gonflage de 200 ms (limite maximale autorisée) alors qu'il leur en faut 300, voire plus, pour réellement atteindre la bonne pression − et qu'on sait qu'un temps inférieur à 80 ms est idéal.
Après tout, viendrait-il à quiconque l'idée de vérifier la pression de ses pneus avec une caméra plutôt qu'un manomètre ?

Ensuite, la méthode d'essai employée pour vérifier la capacité d'absorption de l'airbag. Aujourd'hui, la capacité d'absorption des airbags est testée avec les mêmes outils que les protections rigides. Et donc sur des surfaces parfois très réduites alors que c'est sa capacité à encaisser des chocs sur une large surface qui fait la spécificité de l'airbag. Les acteurs français demandent donc à ce que les tests subis par les airbags pour déterminer les niveaux de transmission d'énergie soient revus.

Conformité ne vaut pas certification

En résumé, à ce jour, il est impossible de trouver un gilet ou blouson airbag certifié selon la norme EN 1621-4 puisque celle-ci doit être harmonisée pour qu'on puisse donner une présomption de conformité à la directive européenne. Et ce même si ledit gilet airbag est bien conforme à cette norme, sur laquelle il y a toujours une objection formelle.
La nuance n'en est pas vraiment une. Certains fabricants, allant un peu vite en besogne, font ce que nous appellerons pudiquement des "abus de langage", soyez donc prudents avant de valider un éventuel achat.
Il faudra prêter attention au laboratoire ayant déclaré le gilet airbag conforme (mais non certifié…), la France appliquant une mesure de la pression quand d'autres ne prêtent attention qu'à l'aspect visuel du gonflage. On peut craindre qu'aujourd'hui, des produits protégeant mal soient mis sur le marché.

Lien vers le PDF de l'objection formelle.

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