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Essai

Avec un look ne laissant aucun doute sur leur terrain de jeu favori, les bottes Puma 1000 v4 marquent forcément les esprits. Mais le ramage est-il à la hauteur du plumage ? Voici leur double test, du sud de la France à l'Île de Man.

Bottes moto racing Puma 1000 v4 ventiléesC'est déjà Noël ? C'est ce que j'aurais pu croire en ouvrant le colis. Dedans se trouvait une paire de bottes Puma 1000 V4 ventilées, taille 43. Ça tombe bien, c'est ma pointure. Alors admirons-les, puis essayons-les ! Première impression, ces bottes ressemblent à des chaussures de ski. Le chausson est entouré de deux pièces en plastique rigide, à l'avant et à l'arrière. À l'avant de la botte, l'armature protège le tibia et les chevilles. À l'arrière une pièce complémentaire maintient le talon et remonte sur le mollet. Le chausson lui-même est molletonné et offre un bon niveau de confort grâce à ses inserts en mousse à l'avant et à l'arrière.

Un confort surprenant pour la catégorie

Bottes moto racing Puma 1000 v4 ventiléesLe pied est recouvert de cuir perforé. Les sliders de botte forment deux renflements épais et Puma a pensé à mettre une plaque de caoutchouc sur la botte gauche au niveau du sélecteur, n'en déplaise aux psychorigides qui voudraient des bottes parfaitement symétriques. Pour ceux qui veulent frimer aux terrasses de café, petite mention sur le look : ces bottes attirent l'œil, surtout dans le coloris rouge, blanc et gris, spécificité de la version ventilée. On ne peut pas manquer le logo de la marque qui se retrouve un peu partout. Mais nous ne sommes pas là pour nous tourner les orteils : c'est parti pour une petite balade entre ville, routes roulantes et départementales viroleuses du massif de l'Estérel. Pour des bottes de piste, il est presque agréable de marcher avec. Le pied semble protégé de partout : tibia, cheville, talon et mollet sont bien à l'abri sous leur coque plastique, et des inserts rigides protègent le reste du pied. Une fois en selle, les bottes ne se font pas sentir et elles restent ajustées tout le long du trajet. La surface perforée permet au pied de ne pas s'échauffer. Le bilan est très positif, mais les bottes n'ont pas été menées dans leurs retranchements. Alors voyons ce qu'il en est sur piste.

Un serrage efficace une fois le principe assimilé

Bottes moto racing Puma 1000 v4 ventiléesDirection le circuit d'Alès pour deux jours de roulage. Ce n'est pas une course mais l'objectif est quand même de malmener le pilote et la mécanique pour faire baisser les chronos. Pour cela, l'idéal est d'avoir des bottes confortables tout au long de la journée, au point de se faire oublier. Un point essentiel est donc le maintien du pied. Il est assuré sur les Puma 1000 v4 par deux fixations : un serrage par lacet derrière la cheville, et une fixation type chaussure de ski qui enserre le mollet. Il faut trouver le bon dosage pour le serrage du lacet. Trop peu et la botte est lâche, trop fort et les orteils s'écrasent au bout de la botte. On y passe un peu de temps mais le pied trouvera forcément la place qui lui convient. Le réglage du deuxième serrage est plus facile à trouver et ne bougera plus. Résultat : ce système confère un excellent maintien du début à la fin du roulage.

Des sliders qui manquent d'endurance

Bottes moto racing Puma 1000 v4 ventiléesSur piste le chausson est toujours aussi confortable. Aucune couture ni point dur ne se fait sentir. L'extrémité de la botte, souple, offre un bon ressenti des commandes. Malgré les protections imposantes, les mouvements ne sont pas entravés. Les pieds ne s'échauffent pas, ni ne souffrent d'être en appui permanent sur les repose-pieds, du moins pendant les 20 minutes d'une session de roulage. Il faut d'ailleurs noter que les bottes gardent leur confort en dehors de la piste : on supporte sans problème de les garder aux pieds même sous une température assez élevée. Le chausson évite les frottements générateurs d'ampoules et les aérations omniprésentes évacuent bien la chaleur. Quelques défauts viennent contrarier ce bilan plutôt positif. Les sliders de botte sont en nylon. Ils ont fondu de moitié à cause de commandes reculées un peu trop basses. Une  version en métal aurait été la bienvenue sur des bottes racing haut de gamme. Autre point négatif, la boucle à l'arrière du mollet (fort utile pour enfiler les bottes) s'est prise dans un repose pied au moment de prendre la piste. Gênant. Dans le même registre les protections saillantes s'usent de manière visible sur la face intérieure des bottes (voir la photo). Même en utilisation normale il est donc impossible de les garder en parfait état, ce qui chagrinera les maniaques.

Sur la durée, les qualités comme les défauts des bottes sont confirmés. Après cinq journées de roulage sur piste j'ai trouvé les bons réglages et les bottes restent confortables tout au long de la journée. Cependant les sliders de botte continuent leur usure au point qu'il va falloir les changer, la face intérieure des bottes porte les traces des frottements sur la moto, et j'ai perdu une vis de charnière de l'armature sur une des bottes.

L'avis de Thimothée Monot, pilote au Tourist Trophy

Timothée fait partie des (rares) pilotes français engagés sur l'ensemble des courses sur route anglaises, du Tourist Trophy à l'Ulster GP en passant par la NorthWest 200. Il a accepté de faire plusieurs tours avec les Puma 1000 v4 pour nous livrer ses impressions en usage vraiment extrême.

Bottes moto racing Puma 1000 v4 ventiléesCe sont des bottes très agréables, mais déroutantes lors des premiers pas car on a l'impression que le talon se décolle de la semelle. En fait, il n'en est rien ; c'est l'articulation qui donne cet effet, la souplesse générale est vraiment à l'opposé des bottes Racing qu'on a l'habitude de porter. La botte est très ventilée, c'est appréciable mais, attention en cas de temps mitigé car elles ne sont pas du tout étanches. Un point m'a gêné : la partie intérieure des articulations a tendance à s'accrocher aux platines. On en vient à avoir un peu peur qu'elles s'y coincent au moment le moins opportun, occasionnant une perte de temps voire pire. L'écart entre le chaussant et l'articulation gagnerait à être réduit de ce côté. Pour ceux qui roulent avec la combinaison dans le chausson, n'ayez aucune inquiétude, cela se fait sans souci. Habitué aux bottes Alpinestars, je trouve ces Puma bien mieux ventilées. Attention cependant : elles taillent (très) grand, commandez une taille en dessous de votre pointure habituelle.

Les Puma 1000 V4 sont donc de bonnes bottes racing pour un usage de gentleman rider sur piste. Le fabricant a mis l'accent sur le confort et les performances d'utilisation, ainsi que sur la sécurité. Par contre on peut craindre pour la longévité des bottes en usage intensif, à moins de disposer de sliders d'avance. Qui qu'il en soit, vous ne passerez pas inaperçu, que ce soit sur les paddocks ou lors d'une balade entre potes. La somme à débourser (299 euros) me semble un peu surévaluée. À ce prix on serait en droit de s'attendre à une finition irréprochable, ce qui s'avère ne pas être le cas malgré les excellentes qualités de ces bottes.

Crédits photos : Éric Hecker et Timothée Monot

Essai publié le lundi 12 septembre 2016 par Sébastien Rothhut

Les plus

Ventilation
Confort du chausson
Système de serrage

Les moins

Sliders en nylon
Articulation qui bute sur les platines

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