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Essai

Schuberth s’est fait un nom avec le C3 Pro remplacé depuis par le C4 Pro. Dans la lignée des modulables, le E1 vise à imposer la qualité de conception et de fabrication du fabricant allemand auprès des amateurs de casques haut de gamme sur le segment des maxi-trails. Comment résiste-t-il à l'appel des grands espaces ? La réponse après 2 ans sur les chemins de traverse.

Casque Schuberth E1 - Crossover modulable mentonnière ouverteLa filiation du E1 avec les modulables Schuberth apparaît au premier coup d’œil car il reprend l’esquisse de la coque du C3 Pro avec son petit aileron arrière. Fidèle au style de l’Allemand, les lignes sont douces et l’esthétique demeure sage. De toute façon, le E1 n’est pas destiné à affronter les très hautes vitesses. Ici, pas d’artifice esthétique et pas de spoiler stabilisateur mais une visière pare-soleil dont la présence se fait sentir au-delà de 110 km/h sur un trail dépourvu de protection. En revanche, elle parvient à se faire oublier sur l’autoroute si vous bénéficiez d’une certaine protection, au guidon d’une BMW R1250 GS par exemple.

 

Accueil 1ère classe

 

En bon modulable, le Schuberth E1 est très facile à enfiler. Le bouton d’ouverture de la mentonnière est parfaitement accessible. Avec l’habitude, il se trouve instantanément sans même y penser. On écarte les mousses avec les sangles et il trouve naturellement sa place sur la tête. A noter qu’avec l’intercom en option, les mousses doivent être ajustées à la hauteur des oreilles. Aucun problème en vue pour les porteurs de lunettes. Mais ils devront bien veiller à les retirer pour mettre ou ôter le casque sous peine de les voir entraînées avec le casque comme cela nous est arrivé à plusieurs reprises. Une fois porté, la douceur des mousses est appréciable mais elles se distinguent surtout par leur tenue dans le temps. Après plusieurs lavages à 30°C en machine, essorage modéré et avec un additif désinfectant en lieu et place de l’assouplissant, elles demeurent confortables. Bien qu’il ait déjà plus de 24 mois au compteur, le casque tient toujours convenablement sur la tête même avec un vent de face intense. La densité des mousses a sans doute réduit avec le temps et l’impression de maintien est moins ferme qu’avec un casque neuf mais leur revêtement est si durable qu’on en oublie finalement de racheter des mousses de remplacement.

 

Grand écran à ménager

 

Casque crossover Schuberth E1 - Boucle micrométriqueSi la visière lui donne des airs de baroudeur, le E1 s’adresse avant tout aux aventuriers du bitume. On le comprend dès le premier usage. Schuberth a fait le choix d’une boucle micrométrique. C’est fonctionnel, intuitif et fabriqué avec sérieux à défaut de ravir les amateurs de sportivité habitués aux boucles double-D.

Casque modulable Schuberth E1Le champ de vision est dans la moyenne haute. En particulier lorsqu’on adopte une posture bien droite, typique sur un trail. Mais lorsqu’on souhaite profiter de la polyvalence du E1 sur un roadster un peu sportif, l’inclinaison de la tête le rend moins efficace que certains concurrents asiatiques. En revanche, l’écran solaire est particulièrement bien conçu. Il n’entre pas en contact avec les lunettes de vue. Il ne lui manque qu’un traitement anti-rayure plus résistant pour friser la perfection. En effet, l’utilisation régulière sur des pistes en terre sèche en vient finalement à bout et limite la visibilité la nuit lors du croisement des véhicules qui arrivent en face. Nous avions d’ailleurs déjà noté ce phénomène sur le C3 Pro et c’est un peu regrettable sur un casque haut de gamme. De même, le démontage de l’écran ne nous a pas semblé aussi intuitif qu’annoncé. Nul besoin de clé, certes. Mais il est parfois délicat de trouver le bon emplacement des clips du premier coup.

Par contre, Schuberth n’a pas mégoté sur la lentille Pinlock. Elle s’avère parfaitement adaptée à l’écran principal et son efficacité n’appelle pas la critique.

 

Plus Crossover que baroudeur

 

Sur la route, on retrouve toutes les qualités du C3 Pro, en matière de confort et de silence. Le E1 est-il pour autant apte à vous emmener crapahuter loin du bitume ? Oui… et non. Il sera capable de vous accompagner pour quelques détours par des chemins roulants. Il sera à son aise pour une escapade de quelques jours entre terre et bitume, dans des conditions tempérées. Il suffit de le regarder pour comprendre que ce n’est pas un casque Enduro mais bien un Dual-Sport GT. Logiquement, il montrera vite ses limites si le tout-terrain prend le pas sur le touring. La ventilation devient insuffisante lorsqu’il faut jardiner sérieusement. On en vient à ouvrir la mentonnière pour pouvoir respirer intensément, ce qui est contraire à sa fonction protectrice. Rappelons ici que le E1 n’est pas homologué mentonnière ouverte. De plus, elle n’est pas conçue pour tenir en position ouverte si le terrain vous secoue un peu. Mais comme il faut aller au bout des choses pour faire un test complet, nous avons tenté d’installer un masque cross après avoir démonté la visière. Nécessaire lorsqu’on part jouer dans la poussière. Il faut alors opter pour un masque XS, type Oakley O Frame. Le champ de vision s’en ressent mais le masque s’installe correctement. Bref, le E1 n’est pas un casque sportif mais bel et bien un très bon couvre-chef touring.

 

Le Schuberth E1 est donc clairement un Crossover. Comme dans le domaine automobile, il s’agit bien de l’adaptation esthétique d’un produit destiné principalement à un usage touring. La visière lui donne un côté moins sage que l’actuel C4 Pro. L’offre de casques Adventure s’étend à mesure que les ventes de maxitrails se renforcent et le E1 est apparu en 2015. Alors pourquoi opter pour ce Schuberth ?

  • Parce que vous voulez un casque modulable dont le confort résiste au temps et que vous avez délaissé le guidon de votre GT pour celui d‘un gros trail plus tendance.
  • Parce que pour vous la grande évasion ne rime pas avec galère dans des ornières boueuses.
  • Parce que vous aimez rouler longtemps sans mettre vos tympans à l’amende et la peau de vos joues à la torture.
  • Parce qu’on trouve le modèle noir mat bien en dessous de son tarif officiel sur certains sites de vente en ligne.

 

Ce dernier point nous incite d’ailleurs à penser que la relève n’est pas loin.

 

Essai publié le vendredi 29 mars 2019 par Sylvain Cousinard

Les plus

Qualité de fabrication
Vieillissement
Confort général

Les moins

Capacités off-road limitées
Style peu évocateur

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