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Essai

Le casque Schuberth S2 est-il devenu un casque sportif comme le suggèrent ses lignes ou a-t-il gardé les gènes propres à la marque ? S'il n'atteint pas la perfection, il faut reconnaître que l'essai du S2 devrait faire changer d'avis nombre de motards. Voici pourquoi.

Casque intégral sportif moto et scooter Schuberth S2Chez Schuberth, c'est au tour de la gamme des intégraux routiers d'être remodelée. Après le modulable C3 et le très racing SR1, voici le Schuberth S2. Remplaçant du S1 Pro, il a la charge de représenter le cœur de gamme du constructeur, avec des aptitudes allant de la balade sportive aux traversées urbaines sans oublier les kilomètres sur nationale ou autoroute. Bien différent de son prédécesseur, a-t-il de quoi séduire comme le C3 avait su le faire ? Lors de notre test complet, nous avons eu du mal à lui trouver des défauts ; tarif mis à part.

Casque Schuberth S2 : Confort de GT

Casque intégral sportif moto et scooter Schuberth S2Comme nous vous l'avions indiqué dès son déballage, le Schuberth S2 conserve un poids raisonnable pour un intégral à double écran solaire. D'autant que le poids d'un casque est fonction de l'épaisseur des mousses fournies. Et de ce côté là, Schuberth ne fait pas les choses à moitié. Que ce soit sur les joues ou autour du cou, les mousses sont impressionnantes ; par leur volume mais aussi (et surtout) par leur confort. Si l'enfilage posera sans doute quelques soucis aux motards à grandes oreilles (on est cependant bien loin des premiers Scorpion Exo-1000), le contact fait preuve d'une étonnante douceur et une fois sur la tête, le S2 offre un maintien homogène et ferme. On ne se sent pas écrasé mais le casque ne bouge pas, ce qui est de bon augure.
En ce qui concerne la finition, nous n'avons pas trouvé grand chose à redire. Sur notre exemplaire de test, noir brillant, les zones permettant de manipuler les ventilations de menton et de front sont en plastique mat, ce qui permet de réduire les traces d'usure, c'est bien vu. En revanche, nous sommes plus prudents face aux lamelles des aérations arrière. En plastique souple d'un gris qui tranche beaucoup avec le casque, elles surprennent quelque peu, surtout quand on sait ce que Schuberth peut produire en grilles métalliques sur d'autres modèles.

Un casque qui se fait oublier

Casque intégral sportif moto et scooter Schuberth S2Avec 1 475 grammes sur la balance, on aurait pu craindre que le poids se ressente un peu trop en roulant. Comme bien souvent chez Schuberth, il n'en est rien. À l'arrêt, l'équilibre du S2 est très bon. En roulant, il est excellent. Que la moto soit carénée ou non, le vent relatif n'a aucun effet : le casque ne se soulève pas et ne tremble pas à haute vitesse. Seuls les contrôles directs latéraux occasionnent une résistance, mais là, il n'y a pas de miracle à attendre car aucun casque n'est conçu pour être utilisé uniquement comme ceci. L'imposant tour de cou filtre une grande partie des turbulences provoquées par le casque et les mousses de joues se chargent du reste. À l'un de nos lecteurs qui nous disait utiliser en permanence ses bouchons d'oreilles à cause de ses acouphènes, nous pouvons le rassurer : Schuberth a encore progressé sur ce point et relègue la concurrence à des années-lumière. On ne ressent le besoin de remettre les bouchons que lors de très longs roulages et/ou à des vitesses tout aussi germaniques que le Schuberth S2. D'autant que Schuberth fournit une rallonge de bavette. Elle affolera les claustrophobes, mais elle rend le casque quasiment hermétique. Et ne croyez pas que le S2 est un casque à réserver aux motos de tourisme. Ses lignes tendues ne sont pas là que pour l'esthétique. Nous l'avons testé sur une sportive sans ressentir de limitation particulière, si on fait abstraction de sa boucle micrométrique et non double-D.

Une ventilation sélective

Casque intégral sportif moto et scooter Schuberth S2Argument phare de Schuberth lors de l'annonce du S2, la ventilation n'appelle aucun reproche... tant qu'on est hors de la ville. Sur route, elle fait preuve d'une efficacité étonnante. En effet, on n'a pas la sensation d'un courant d'air direct sur le haut du crâne, et pourtant, l'air chaud est bien évacué, comme l'ont confirmé nos roulages par plus de 30 °C. Attention toutefois sur les motos à la position vraiment sportive : l'ouverture de la ventilation frontale étant relativement avancée, elle se montre moins performante quand on a le nez dans les guidons-bracelets. Malheureusement, sous les 50 km/h, le constat est moins enchanteur. Le système de renouvèlement d'air développé par Schuberth semble avoir besoin d'une certaine vitesse pour montrer son vrai potentiel. Le Schuberth S2 reste utilisable en ville, mais sous la canicule, il faudra entrouvrir l'écran.
L'écran principal offre un champ de vision important, bien agréable sur route ou en zone urbaine. Le pinlock, quoi que de grande taille, fait moins bien que certains concurrents, ici on arrive à le distinguer de l'intérieur. Sur ce point, Scorpion et Shoei font mieux. L'écran solaire se montre facile à manipuler, même avec de gros gants, et comme sur le C3, il s'avère silencieux, assez fumé et d'une longueur correcte. En hiver, il faudra cependant ouvrir l'aération de menton car cet écran interne est sensible à la buée à basse vitesse ; comme sur l'intégralité des écrans internes du marché.

Schuberth continue sur sa lancée. Après le SR1, on a ici un intégral plus polyvalent avec un look moderne mais qui conserve les qualités qui ont fait la renommée de la marque allemande. Affiché à 499 € en version unie (à ce sujet, la pauvreté des décos est regrettable), ce S2 pourrait bien faire changer d'avis tous ceux qui juraient que jamais ils ne rouleraient avec un casque Schuberth. Très silencieux, incroyablement confortable, il réduit la barrière entre casque sport et casque Grand Tourisme, apportant à la première catégorie des prestations jusque là inatteignables. La concurrence dans les gammes de prix proches peut commencer à s'inquiéter.

Comme nous l'a demandé l'un de nos lecteurs lors de nos premières impressions, nous avons vérifié si un intercom de type G4 pouvait se monter sur le Schuberth S2. Il faudra utiliser le système autocollant, car la fixation par pince est incompatible avec la largeur de la base du casque. Schuberth a d'ailleurs intégré des antennes dans la calotte, pour utiliser le S2 avec l'intercom maison. Ceci explique sans doute cela.

Essai publié le mardi 29 mai 2012 par Ludovic Vidal

Les plus

Silence
Ventilation très efficace sur route
Répartition du poids

Les moins

Ventilation perfectible en ville
Enfilage parfois délicat
Finition des aérations arrières

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