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Essai

Première incursion de Schuberth dans la catégorie des casques vraiment sportifs, que donne ce SR1 attendu par de nombreux motards ? Il risque fort de mettre à mal la concurrence, malgré quelques points perfectibles.

Casque moto Schuberth SR1 : Les photosQuand Schuberth a déclaré développer un casque moto résolument sportif, beaucoup se sont interrogés. En effet, la firme est surtout connue pour ses casques de tourisme, plus ou moins rapide, et même le S1 Pro est loin des canons du secteur. Et pourtant, dès le déballage, le casque SR1 démontre que ce qui était promis sur le papier ne l'a pas été en vain. Nous avons essayé ce qui pourrait bien être le meilleur casque du moment.

Schuberth SR1 : Le sport, finition allemande

Casque moto Schuberth SR1 : Les photos

Nous l'avons quasiment déballé en direct lundi dernier, le Schuberth SR1 bénéficie du traitement habituel de la part du fabricant allemand. La housse est épaisse, le manuel de l'utilisateur encore plus (6 langues et 280 pages) et la lentille Pinlock est fournie, alors que ce n'était pas prévu lors des premières annonces. Une fois le casque pesé et les 1 340 grammes (pour une taille L) constatés, nous nous sommes attardés sur les ajustements, car les aérations sont nombreuses. Aucun défaut d'alignement, un treillis métallique devant les larges ouvertures et des commandes franches faciles à manipuler même avec des gants. Schuberth mérite ici sa réputation.

Au moment d'enfiler le casque, on constate que le SR1 reste un Schuberth : l'espace pour passer la tête est compté et les oreilles frottent pas mal. Mais il n'y pas vraiment le choix si on veut que les mousses enveloppent correctement le bas du crâne, pour un meilleur confort et plus de silence. Pour la tenue, le pari est gagné. Confortables, les mousses sont bien plaquées sur les joues, et la coiffe offre un contact agréable. Au niveau des oreilles, on trouve le système NRS, destiné à adapter le niveau sonore selon les souhaits de chacun. D'origine, la mousse amovible fournie est très fine, mais en option (moyennant 16 €), il est possible de placer des mousses épaisse de 5 ou 20 millimètres, pour vraiment venir au contact des oreilles et améliorer le confort acoustique. Mais il est fort probable que peu de motards en achètent, car le Schuberth SR1 n'en pas besoin pour être silencieux.

SR1 : Silence on Roule et Sans Roulis

Casque moto Schuberth SR1 : Les photosComme on peut s'en douter, la légèreté du SR1 constatée sur la balance se ressent rapidement en roulant. Mais c'est surtout son aérodynamique qui surprend. Il dépasse sur ce critère tout ce que nous avons déjà pu tester. Pour vous donner un ordre d'idée, sur un roadster, à vitesse "soutenue", on sent la pression de l'air sur le buste, les bras, les épaules ... et pas la tête. Les photos d'essais en soufflerie lors de l'annonce de ce SR1 n'étaient pas usurpées. Sur une sportive qui oblige basculer la tête en avant, il suffit de placer l'aileron, en position relevée pour bénéficier du même confort, avec une tête qui ne ballotte pas, même à haute vitesse. Le SR1 signe là une performance qui fera date. D'autant que cette neutralité s'accompagne d'un bruit maîtrisé. Si vous avez l'habitude de juger votre allure au niveau sonore dans le casque, attention, vous allez rouler plus vite que prévu. Les soucis rencontrés pour enfiler le casque sont alors oubliés, car les mousses si bien plaquées autour des oreilles et à la base du crâne isolent convenablement. Nous avons bien évidemment testé les obturations (très allongées) prévues par Schuberth pour mieux percevoir son environnement. Si le bruit augmente sensiblement, il s'agit malheureusement de sifflements provoquées par le passage de l'air et le bénéfice nous a semblé contestable.
Point à souligner : même en roulant avec les ventilations ouvertes, le bruit augmente peu. Et pourtant, ça souffle ! Schuberth promet 10 litres par seconde à 100 kmh ; nous n'avons pas compté mais le flux est vraiment important. Pas étonnant quand on regarde la taille des trous dans la calotte. La ventilation de bouche permet de choisir entre une arrivée d'air directe, idéale sur piste et une déviation sur les joues, aussi efficace mais moins perturbante sur route.

Des détails à corriger pour devenir parfait

Casque moto Schuberth SR1 : Les photosMalgré un tableau de notes plus que flatteur, la perfection n'est pas de ce monde et ce Schuberth SR1 ne déroge pas à la règle. Tout d'abord, au risque de nous répéter, l'enfilage peut poser des problèmes à certains, à moins de porter une cagoule pour que les oreilles ne souffrent jamais. L'ergot servant à verrouiller l'écran, s'il est pratique, demandera un test sur le long terme pour juger de solidité. N'hésitez pas à le signaler dans les commentaires au bas de cet essai si vous possédez un SR1. Sur notre modèle d'essai (en taille L), ce même ergot vient faire pression sur le joint en silicone à chaque fermeture d'écran (mais pas à l'ouverture). Sur le long terme, cela ne pourrait-il pas endommager le joint ? Contacté à ce sujet, Schuberth nous a signalé que les autres tailles ne semblaient pas affectées. Cela vient sans doute de notre modèle ou d'un mécanisme d'écran à ajuster, mais le point est à surveiller. Enfin, mais ça tient du détail, le cache-nez. Élément systématiquement présent sur les casques sportifs, il est ici plus décoratif que fonctionnel. Et comme sa forme ne vient même canaliser le flux d'air, on se demande s'il est vraiment utile. L'enlever permet de gagner un peu de champ de vision, par ailleurs tout à fait convenable, surtout en vision latérale.

Coup d'essai, coup de maître ? Pas tout à fait, mais au terme de cet essai, il faut reconnaître que Schuberth a peaufiné son produit et livre un casque sportif très abouti et largement au niveau de la concurrence, voire en avance. Le poids réduit et l'extraordinaire aérodynamisme du casque sont un atout sur piste comme sur route. Après une journée de circuit, la différence est notable et justifierait à elle seule de préférer le Schuberth. À condition que les défauts cités ci-dessus ne soit pas rédhibitoires pour vous. Pour le bruit, Schuberth s'impose une nouvelle fois comme une référence dont les autres casques devront tenter de s'approcher pour continuer à séduire. Avec des tarifs débutant à 599 €, le Schuberth SR1 est en plus accessible (pour la catégorie). La rigueur germanique a fait mouche à tous les niveaux. Sauf sans doute au niveau des décos, qu'on aimerait plus délurées. Mais on chipote.

Essai publié le vendredi 21 octobre 2011 par Ludovic Vidal

Les plus

Ventilation efficace
Silence pour la catégorie
Finition
Poids

Les moins

Enfilage délicat
Cache-nez superflu
Totalement incompatible avec les lunettes

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