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Casque Shoei X-Spirit II

Essai

Un champ de vision hors du commun, un maintien irréprochable et une sécurité au top. S'il était plus accessible, le X-Spirit II friserait le sans faute. Bilan après des essais littéralement "sens dessus-dessous".

Sacrée mission que celle du X-Spirit II dans la gamme Shoei. Fleuron de la marque, il représente logiquement le summum de son savoir-faire et doit satisfaire au quotidien les motards "normaux" tout comme les champions les week-end de course. Écran, EQRS, coque, tout est nouveau. Afin de savoir si les différentes innovations technologiques de ce Shoei apportent vraiment un plus, nous l'avons testé dans — vraiment — toutes les conditions. Hop, en route (et en piste) pour l'essai.

Bon pour la route, excellent pour le reste

Casque Shoei X-Spirit II : Les photosLa fiche technique du X-Spirit II indique un poids moyen de 1 450 grammes (à 50 grammes près). Une fois sur la balance, on en est proches, avec 1 504 grammes. Une fois installés la lentille Pinlock, la bavette et le déflecteur nasal, on arrive à 1 544 grammes. Aïe, presque 100 grammes de "trop". Mais étonnamment, ce poids apparemment élevé pour un casque en fibres composite n'est pas vraiment flagrant une fois qu'on le porte. L'explication est certainement à chercher du côté des mousses. Enveloppant parfaitement le visage et le crâne, elles permettent au casque de ne pas bouger sur la tête. Bien équilibré, celui-ci parvient à se faire oublier quand on est à l'arrêt.
Passons tout de suite sur le défaut qui saute aux yeux quand on commence à rouler avec ce casque, ou plutôt aux tympans. En effet, le Shoei X-Spirit se montre rapidement bruyant, même à des vitesses légales. La faute certainement aux multiples ventilations présentes sur sa coque, d'ailleurs faciles à manipuler avec les gants. Mais peut-on raisonnablement demander à un casque pensé pour la compétition et la conduite très rapide de se montrer à la fois aérodynamique et ventilé en restant silencieux ? D'autant que ce bruit ne s'avère finalement pas démentiel (à moins d'ouvrir les 10 ventilations à la fois) et loin des pires références du secteur. Le niveau sonore sera d'ailleurs la seule petite critique à apporter à ce casque tout au long de nos essais. Ce souci peut d'ailleurs être facilement contourné pour les gros rouleurs et les pistards avec des bouchons d'oreilles.
Shoei vantait le champ de vision amélioré par le nouvel écran CW-1, surtout avec la lentille Pinlock modifiée, qui devait augmenter la zone de vision de près de 30 %. Ici, le constat est simplissime : hormis à rouler en jet, on ne peut pas espérer mieux aujourd'hui. Le champ de vision offert par le X-Spirit II est tel que les autres casques déjà testés perdent tous un point pour leur note dans ce domaine. La promesse de Shoei est largement honorée, même en roulant avec une lentille Pinlock, qu'on ne voit tout simplement plus. Avantage indéniable en ville ou sur route ouverte, cette vision quasi panoramique s'apprécie également sur piste, où aucune buée ne vient gêner le regard, même pour ceux qui respirent très fort. Une fois l'écran verrouillé par le nouveau système de tension qui le plaque contre le joint en silicone, on profite d'une vision claire, sans un filet d'air venant taper dans les yeux. Ceux qui ont pour habitude de placer un collier pour les fraîches journées de roulage apprécieront. Seul bémol pour l'écran : le changer rapidement demandera de l'habitude, à cause d'un ergot sur l'écran qui demande de la prudence, nous avons souvent eu peur de le voir céder dans les changements un peu rapides.

Sécurité : Merci l'EQRS

Casque Shoei X-Spirit II : Les photosÀ vitesse (très) soutenue, le X-Spirit II démontre que les ingénieurs de chez Shoei ont œuvré dans le bon sens. Le casque fait preuve d'un comportement neutre et ne recule pas, même sur un roadster non caréné titillant largement les allures d'autoroutes allemandes. Une fois sur la piste, son vrai terrain de jeu, on constate que le nouvel aileron arrière aide à l'aérodynamisme général : on peut jeter un regard vers l'arrière à plus de 250 km/h sans avoir l'impression que la tête cherche à se séparer du corps. On prend alors conscience de l'importance d'un développement venu en droite ligne de la compétition, où Shoei équipe pas mal de têtes. Lors de la présentation du casque à Milan, Shoei mettait en avant le système EQRS, pour aider les secours à ôter un casque en éjectant rapidement les mousses des joues. Histoire de vraiment tout tester sur le X-Spirit II (et sans vraiment l'avoir décidé), nous avons eu l'occasion d'utiliser ce système en partant à la faute sur le circuit d'Almeria. Les commissaires n'ont eu qu'à tirer sans forcer sur les deux languettes rouges (voir la vidéo) pour faire sauter les mousses de joues, libérant ainsi assez de place pour enlever le casque sans forcer un seul instant sur la nuque. Un vrai bon point pour la sécurité. Seul bémol, il m'a fallu leur signaler que ce système était présent. Défaut imputable à un casque trop récent et des équipes peu formées à l'EQRS ? Sans doute et c'est un peu dommage, mais une fois que les secours seront bien informées, voilà qui facilitera la tache aux secours, sur piste ou sur route.

Le Shoei X-Spirit II peut sembler cher, avec des tarifs débutant à près de 700 € à la date de publication de notre essai. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit là d'un condensé de technologies, avec une coque comptant pas moins de 6 couches de fibres et des prestations générales de très haut niveau. Conçu en premier lieu pour la piste, il satisfera assurément les amateurs de conduite rapide à la recherche d'un casque qui n'a finalement que deux défauts : son bruit et son tarif. Plus axé "grand public" et affichant 300 € de moins sur l'étiquette, le XR-1100 reprend l'une de ses meilleures innovations avec le même écran CW-1, mais sans le système EQRS. Un petit effort Monsieur Shoei pour généraliser cette sécurité, et ce sera parfait.

Casque moto intégral Shoei X-Spirit II : Les photosEssai longue durée : Un vieillissement quasi inexistant

Mise à jour du 26 avril 2011. Comme on peut le constater sur les dernières photos de la galerie, les mousses ont plutôt bien vieilli. La partie haute des mousses de joue, plus douce, n'a tout simplement pas changé. La partie basse, plus classique, a commencé à boulocher ; mais au vu de la fréquence d'utilisation, cela reste amplement acceptable. La coiffe, lavée une seule fois en un an, a également très bien vieilli, en étant semblable à ce qu'elle était au premier jour. Seules deux traces sombres se remarquent à l'avant, salies par les aérations du front. Au prochain lavage, cela disparaîtra. Il faut noter que cela prouve toutefois que les ouvertures situées juste au-dessus de l'écran sont efficaces et dirigent le flux d'air directement sur le front.
Extérieurement, là encore, le bilan est plus que positif. Nous n'avons dénombré que deux marques sur le vernis du casque. Et ce, malgré des roulages sur piste, un rallye routier et des milliers de kilomètres sur route en étant ponctuellement soumis aux projections de graviers ou cailloux par les autres véhicules. Dernier "détail" : la sangle ne montre aucune usure ou marque due à la boucle double-D. L'écran, plus fragile, accuse un peu plus le coup.

L'écran et le Pinlock ont un peu plus souffert

Casque moto intégral Shoei X-Spirit II : Les photosSi la peinture et le vernis ont bien supporté les agressions extérieures, l'écran présente pour sa part de nombreuses traces d'impact. De très petite taille et ne gênant pas la vision, elles n'en sont pas moins présentes. Il nous semble qu'à la vitesse où ces impacts apparaissent, l'écran devra être remplacé au bout de deux ans. La lentille Pinlock, si large et si agréable par temps frais, est malheureusement celle qui demandera en premier un départ à la retraite. Au bout de 6 mois, il a fallu jouer avec les excentriques des ergots de fixation. Au bout d'un an, cela n'est plus suffisant et l'étanchéité n'est plus parfaite sur la totalité de la circonférence de la lentille. Résultat : à basse vitesse, la buée parvient à s'installer sur de quelques zones, notamment en haut de l'écran. Pour les traversées urbaines, cela s'avère gênant. Au bout d'un an, il faut donc penser à investir dans un nouveau Pinlock, pour environ 30 €. Ceci est toutefois à pondérer si vous n'utilisez jamais ce casque sur route et/ou en ville, car dès qu'on atteint les 30 km/h, la ventilation interne, très efficace, se charge de rendre à nouveau la vision claire.

Haut de gamme et très bien fini, le casque Shoei X-Spirit II passe brillamment l'épreuve du test longue durée. Seul son écran a un peu souffert des inévitables petits impacts, mais l'ensemble du casque a fait preuve d'une résistance au vieillissement qui ne manquera pas de faire plaisir à ceux qui auront craqué pour ce casque sportif. D'autant qu'en un peu plus d'un an, les mousses se sont à peine tassées, maintenant le confort et le niveau sonore à ce qu'ils étaient en début de test. Une sacrée performance, que le prix élevé du casque peut justifier, mais ce n'est pas toujours le cas. Si vous hésitiez devant la somme à investir pour bénéficier des services de ce Shoei, sachez que vous ne serez pas déçus par sa résistance dans le temps.

Essai publié le vendredi 19 mars 2010 par Ludovic Vidal

Les plus

Champ de vision
Étanchéité au vent
Stabilité aérodynamique
Système EQRS

Les moins

Tarif élitiste
Bruit en cas de long roulage

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