Essai
Les gants Bering Janus revendiquent une certification pour leur protection alors qu'ils sont intégralement en textile, largement ventilé. Comment est-ce possible et cela nuit-il à leur confort en période estivale ? On a testé pour vous.
Autant être clairs : à la lecture de la fiche technique des gants Bering Janus, nous avions de forts doutes par rapport à la certification EN 13594 avancée. Des gants dépourvus de cuir qui répondent au niveau 1 de cette norme assez contraignante, c'était du jamais vu. Nous avons donc demandé à les recevoir pour pouvoir les tester et vous dire si des gants ventilés de moto et scooter à moins de 40 € pouvaient vraiment se montrer confortables et protecteurs. Réponse ? Oui, si on se met d'accord sur le sens du mot.
Gants Bering Janus : Certifiés... à dires d'expert
Comment diable Bering a-t-il pu faire certifier EN 13594 des gants aussi souples et disposant de larges empiècements en Mesh ? La lecture du livret fourni (obligatoire à présent) nous éclaire quelque peu. Les Janus sont certifiés par le CRITT selon « un protocole s'appuyant sur la norme européenne EN 13594 ». On a donc affaire à des gants certifiés selon les fameux dires d'expert dont nous vous parlions le mois dernier. Cela n'enlève rien à la résistance revendiquée par Bering, mais ça explique la certification reçue en dépit d'une conception intégralement en textile. En effet, rappelons qu'au niveau 1 des dires d'expert, la résistance à l'abrasion n'est testée que sur la paume, ce qui permet d'utiliser du Mesh sur le dessus de la main.
Avec les Janus, Bering garantit donc à l'utilisateur, motard ou scootériste, qu'il dispose d'une protection minimale correcte en cas de chute. En effet, le réflexe étant de mettre la paume en avant, la main sera protégée de l'abrasion sur les chutes à allure modérée. Pour tailler la route, on aura toutefois tendance à conseiller des gants plus adaptés.
Ventilés et confortables : Vrais gants d'été, pour la ville
Le textile utilisé sur la paume s'avère plutôt souple. Associé au textile ventilé, il permet aux gants Janus de se montrer immédiatement confortables, sans période de rodage ou gêne quelconque. C'est assurément le point fort des Janus. Les inserts en caoutchouc présents sur certains phalanges sont en revanche uniquement décoratifs et n'offriront aucune protection. À l'usage, ils offrent un bon ressenti des commandes et tiennent bien sur la main, le velcro utilisé sur la courte manchette permettant d'ajuster correctement le réglage, ce qui n'est pas toujours le cas sur les gants urbains.
Si le textile utilisé sur la paume, et notamment sur les doigts, résiste bien à l'abrasion, il s'avère un peu trop efficace. Relativement "glissant" sur les matières plastiques, il rend pénibles les manipulations d'aérations sur les casques vernis. Il faut du coup fortement appuyer pour actionner les ventilations, souvent affleurantes et très lisses. Mais c'est bien là le seul défaut que nous avons eu à déplorer tout au long de notre essai.
Affichés à tout juste 35 € et garants d'une protection — certifiée — contre l'abrasion, les Bering Janus prouvent qu'on peut rouler protégé sans se ruiner et sans dégouliner malgré les fortes chaleurs. Avec une ventilation très efficace (il faudra les ranger dès la mi-saison) et un confort étonnant, ils devraient plaire aux motards à la recherche de gants pour des trajets urbains en toute sécurité et sans s'encombrer. Très souples, ils se rangent en effet n'importe où, sous les selles de roadsters modernes ou dans les étroites poches de certains blousons. Attention toutefois aux manipulations des ventilations, qui demandent un peu d'habitude.
Essai publié le vendredi 17 août 2012 par Lu