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Gilet airbag Bering Protect Air

Essai

Attendue au tournant, cette seconde version de l'airbag électronique Bering tient-elle ses promesses ? Nous avons testé le gilet airbag sans câble Bering Protect'Air. Le résultat est net : techniquement, le système est bien supérieur aux systèmes conventionnels. Assez pour justifier le tarif ?

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirDepuis sa présentation fin 2012 à Milan et bien avant son arrivée sur le marché, vos mails nous indiquaient que le le gilet airbag électronique Bering Protect'Air suscitait l'intérêt des utilisateurs potentiels. Le nombre de lectures de nos premières impressions à son sujet et des réponses à vos questions le concernant l'ont confirmé. Nous avons pu être les premiers à le tester, en usage classique et à le déclencher. Voici, en exclusivité, le test complet de cette nouvelle génération de protection pour les motards et scootéristes. Il y aura un avant et un après Protect'Air.

Gaz froid et pyrotechnie pour un gonflage rapide

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirBien entendu, visuellement, la différence la plus flagrante par rapport aux airbags à câble réside dans cette absence de "fil à la patte". Mais le Bering Protect'Air est également très différent des airbags filaires par sa conception interne. Et il nous semble important d'aborder sa conception avant toute chose.
Suite à l'analyse de 120 000 rapports d'accidents et aux études menées par l'IFSTTAR, le mot d'ordre pour cet airbag était "rapidité". En effet, comme nous l'avait expliqué Thierry Serre, en cas de collision contre un véhicule, il est impératif de protéger le porteur de l'airbag en moins d'un dixième de seconde, là où les airbags filaires en mettent au moins le double (détection du choc non comprise). Pour ça, il a été décidé de ne pas utiliser de cartouche de CO2. Bering utilise ici un gaz dit froid (de l'hélium) dans une cartouche pressurisée à 600 bars couplée à un déclenchement pyrotechnique plutôt que mécanique. Ce principe, éprouvé depuis des années dans l'automobile, permet d'obtenir un gonflage complet en 50 millisecondes. Avec une pression dans le coussin qui reste maximale pendant 6 secondes afin de protéger durant une longue glissade. Mais même s'il est déjà très court, ce temps de gonflage ne serait rien avec une détection trop tardive. C'est ici que le système électronique représente le plus gros progrès.

À moto aussi, le progrès est dans le sans-fil

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirLà aussi, Bering s'est inspiré des normes en place dans le monde automobile, où les airbags sont monnaie courante. Développés par la société PDCI, les capteurs et émetteurs doivent fonctionner sous toutes les conditions de température et d'humidité. Placé sur la fourche, au plus près de l'axe de roue, le premier sert à détecter les collisions. En cas de choc direct, l'accident est identifié en 7 à 10 ms et l'émetteur fixé au guidon envoie au gilet un signal pour qu'il se déploie. Soit une protection active en 60 ms. Dans le cas d'un choc "indirect" (jusqu'à un angle de 45° contre l'obstacle), la détection demande au maximum 30 ms. Le second capteur, placé avec précision sous la selle et solidement maintenu, a la charge de détecter les pertes de contrôle et les chutes, causées par un élément extérieur ou par une erreur de conduite. Là encore, la détection se fait en 30 ms au maximum. C'est pourquoi Bering indique un temps de mise à disposition maximal (détection + gonflage) de 80 millisecondes. À comparer aux 200 ms généralement constatées sur les airbags classiques (temps de mise en tension du câble non compris). Mais au quotidien, ça donne quoi ? Pour être fixés, nous l'avons utilisé durant quelques milliers de kilomètres sur une BMW F 800 R.

Gilet airbag Bering Protect'Air : Des capteurs assez discrets

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirLa pose a demandé moins d'une heure au technicien. Chaque étape du montage est validée à l'aide d'un logiciel spécifique et des photos de l'installation sont demandées pour que Bering puisse s'assurer que chaque élément a été bien installé. Comme vous pouvez le constater dans la galerie, l'ensemble reste assez discret : le capteur de chute (avec les colliers rouges) se loge sans problème derrière le flanc de selle tandis que le capteur de choc ne se remarque pas… tant que la fourche est noire. Au guidon, on trouve le boîtier de contrôle comprenant l'émetteur. Pour les motos et scooters ne disposant pas d'un guidon droit (demi-guidon ou guidons carénés), Bering a prévu, pour chaque machine, un emplacement dédié pour lequel le montage est totalement réversible. Une fois le contact mis, la diode clignote quelques secondes avant de devenir fixe, le temps de s'assurer que le gilet est bien à portée et que sa pile est assez chargée. C'est l'une des particularités du gilet Bering Protect'Air : pas besoin d'allumer le gilet, il est automatiquement activé à portée de la moto. Ainsi, on évite de prendre le guidon avec un gilet éteint et donc sans protection. Bering annonce une autonomie de 12 mois pour la pile contenue dans le gilet (6 en cas d'utilisation intensive).

Un mécanisme situé dans le dos

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirConformément à ce qui est annoncé, le poids mesuré est de 1 740 grammes. Le gilet en lui-même, hors airbag, représente la moitié de ce poids. Il est certifié EN 13595 de niveau 2 et résiste donc à 7 secondes d'abrasion. Il est possible d'ajuster le gilet à la taille sur trois positions par le biais d'une large bande velcro sur laquelle se trouvent des boucles permettant d'affiner le réglage. Du coup, le Bering Protect'Air peut aisément passer du petit blouson ventilé à la veste d'hiver. Il est possible de retirer le système airbag, par exemple pour laver le gilet. L'opération est assez simple, mais le remontage exige de la patience pour veiller au bon positionnement du coussin. Ce dernier utilise la même conception que les airbags de type rideau placés dans les voitures, avec des jointures spécialement étudiées pour résister à la pression du déclenchement mais aussi à l'abrasion puisque le coussin s'avère aussi résistant que le gilet sur ce point. C'est à l'arrière du gilet qu'on trouve une autre différence majeure avec les airbags à déclenchement mécanique. Afin de limiter l'impact sur la cage thoracique, Bering a placé le déclencheur pyrotechnique et surtout  la bonbonne de gaz à l'extérieur de la dorsale. Surprise, cette dernière répond à la norme EN 1621-2 au niveau 1 seulement. Bering explique qu'une fois le coussin gonflé, la protection offerte devient supérieure à une dorsale de niveau 2 qui se montrerait plus lourde et moins confortable. Il est vrai qu'à l'usage, le gilet Protect'Air se fait oublier.

Simple au quotidien et une protection complète

Gilet airbag électronique moto et scooter Bering Protect'AirAvec ses très larges ouvertures, le gilet airbag Bering s'enfile facilement. Le zip se montre précis et peut être actionné même en portant de gros gants d'hiver, c'est appréciable. Même si notre BMW F 800 R d'essai est un roadster, un rapide roulage sur une sportive nous a confirmés que l'absence de bombonne de gaz sur l'avant du gilet permet de l'utiliser sans aucune gêne sur une moto imposant une position de conduite moins droite. Dans la majorité des cas, le gilet bloque l'accès aux poches avant du blouson sur lequel il est porté. Bering a donc placé deux poches sur son gilet, c'est bien vu. Dommage qu'elles ne soient pas réellement étanches. En cas de long roulage sous la pluie, évitez d'y stocker vos papiers. Prévue pour recevoir une carte destinée aux premiers secours, la poche de poitrine souffre du même mal, mais la carte (fournie) est pour sa part bien abritée dans une pochette plastifiée.
Enfin, au risque d'enfoncer une porte ouverte, un airbag sans fil rend le quotidien bien plus agréable. Vous avez déjà testé des airbags filaires et le besoin de s'attacher avant de partir vous agace presque autant que le câble qui vous retient car vous êtes descendus sans défaire la sangle ? Il suffit ici de mettre le contact et de partir rouler, le gilet s'active tout seul, la diode bleue du boîtier confirmant la liaison. Une fois le contact coupé, on quitte la moto sans se poser de question. Ça paraît simple mais c'est un "détail" qui pourra faire basculer de nombreux réfractaires.
Passons enfin au déclenchement et à la protection offerte. La vidéo le montre clairement : gonfler les 18 litres du coussin en 0,05 seconde surprend, même quand on a l'habitude de déclencher des airbags pour les essais et comparatifs. C'est à noter : le gilet se déplie "vers l'extérieur". On ne ressent donc pas de mise sous pression sur soi comme cela peut arriver avec d'autres airbags. Sur l'avant du corps, les coussins sont larges et protègent autant les côtes que l'abdomen et les organes mous (le foie, la rate, …) sur lesquels une lésion peut être lourde de conséquences. À l'arrière, la protection est impressionnante en largeur comme en hauteur avec les omoplates, le bassin et le coccyx couverts par le coussin. C'est, de loin, la protection la plus complète testée à ce jour !
En haut du dos et autour du cou, l'airbag limite également les mouvements de la tête pour protéger le rachis cervical.

Oui, comme l'ont rappelé plusieurs lecteurs dans les commentaires, les airbags électroniques coûtent plus cher que leurs homologues à câble. Mais les techniques utilisées offrent des résultats sans commune mesure. En cas de perte de contrôle, le gilet se gonfle avant que vous ne heurtiez le sol, sans même être éjecté de la moto. Et lors d'un choc contre un véhicule, il protège avant l'impact du corps sur l'obstacle. Avec cette seconde version, Bering propose ce qu'il convient d'appeler une révolution dans le domaine de la sécurité passive pour les motards et scootéristes. Les quelques soucis de la première version sont corrigés par une électronique revue ; nous n'avons rencontré aucun souci durant notre période de test. Avec la possibilité d'utiliser deux gilets sur la même moto et un gilet sur deux motos différentes, le Protect'Air devrait pouvoir contenter la majorité des usages, notamment ceux qui utilisent un scooter la semaine et une moto pour les sorties du week-end.

L'efficacité du système est prouvée et l'absence de câble permet de s'affranchir des principales contraintes. Reste l'achat initial, porté à 899 € (pose comprise). Si certaines assurances remboursent la remise en état du gilet après accident, c'est clairement par une aide directe de leur part que ce genre d'équipement se démocratisera réellement. Les fabricants (Bering comme Dainese) ont massivement investi ? 5 000 000 € pour Bering ? et beaucoup d'utilisateurs sont prêts. En étant terriblement matérialiste : les assurances traînent des pieds alors qu'elles économiseraient en frais médicaux, les blessures au thorax étant souvent graves, voire fatales. Qu'attendent-elles ?

Pour notre part, nous pensons que l'adoption de l'airbag à moto doit rester un choix personnel, à la libre appréciation de chacun. Mais nous devons avouer que depuis que nous avons rendu notre exemplaire à Bering, sur certaines situations quelque peu "limites", nous aurions été plus tranquilles avec le gilet. Juste au cas où.

Pour les questions/réponses de nos lecteurs, nous vous renvoyons vers l'actualité correspondante.

Équipement porté durant cet essai : casque Shark Vision-R GT Carbon, pantalon Triumph Héritage.

Merci à BMW Motorrad France pour la mise à disposition d'une F 800 R durant plusieurs jours.

Essai publié le mercredi 16 octobre 2013 par Ludovic Vidal

Les plus

Temps de mise à disposition
Surface de protection
Tranquillité d'esprit

Les moins

Investissement initial
Poches non étanches

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