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Essai

Que vaut le système de vision EyeLights dit "tête haute" qui doit éviter aux motards et scootéristes de devoir quitter la route des yeux ? Le domaine est complexe et, en voulant le défricher pour le grand public, la firme française a eu un peu de mal à essuyer les plâtres. Mais le concept reste intéressant.

Système de vision tête haute pour casque de moto et scooter EyeLights Module GPS : le prisme face à l'œil droitAprès avoir fait le tour du module EyeLights dans nos premières impressions (à relire ici), cet essai parlera surtout du test effectué sur route (et en ville) afin de savoir si chaque motard peut, dès demain, se prendre pour un pilote de chasse. Ou tout du moins si la vraie vision tête haute à moto est à la portée de tous. Au risque de "spoiler" notre propre article, la réponse est … presque. Il suffit de voir le nombre de projets équivalents morts-nés ou non finalisés pour comprendre que EyeLights ne s'est pas attaqué à un petit morceau. Dès lors, difficile de vraiment leur en vouloir quand on constate les limites de leur produit. Voici donc ce que vous pouvez en attendre et ce qu'il faudra avoir à l'esprit pour ne pas être déçu si vous voulez sauter le pas.

EyeLights : Vision tête haute à moto, avec un œil à relever

Système de vision tête haute pour casque de moto et scooter EyeLights Module GPSImpossible de ne pas évoquer la principale surprise au déballage. Alors que les rendus visuels du prototype présentaient un système de plaque située devant l'œil (comme sur cette photo) afin d'avoir des informations affichées dans le champ de vision naturel, la version finale a retenu le concept des Google Glass. C'est-à-dire d'un prisme placé en hauteur. À l'usage, cela impose une (peu dérangeante) gymnastique oculaire mais on ne pourra pas avoir un rendu de type "Top Gun" avec des indications réellement posées devant les yeux comme cela avait été annoncé au départ. Il nous a été compliqué impossible de faire des photos convenables de ce que donne l'afficheur EyeLights une fois qu'on a le casque sur la tête et le prisme à quelques centimètres de l'œil. Sachez cependant qu'une fois le regard pointé vers le haut, les nombres (vitesse, distance) et dessins (pour les directions à prendre) sont vraiment lisibles sans devoir forcer (voir ci-contre). Pas besoin de "faire le point" entre la route et le petit prisme. On quitte donc moins longtemps la route des yeux que lorsqu'on doit baisser le regard vers le compteur ou le GPS accroché au guidon. Mais on la quitte tout de même, l'affichage ne se faisant pas dans le champ de vision naturel. C'est d'autant plus frustrant qu'il suffit de quelques dizaines de kilomètres avec le EyeLights pour se rendre compte qu'un casque qui affiche ainsi la vitesse ou la direction est terriblement pratique.

Une finition à parfaire pour la v2

Système de vision tête haute pour casque de moto et scooter EyeLights Module GPSL'installation de l'ensemble n'est pas trop complexe. Sur le Shoei RYD de notre essai, cela n'aura demandé que quelques minutes. Le plus long sera finalement de placer correctement le module optique face à l'œil. Le très résistant velcro 3M (voir ici) étant délicat à verrouiller, l'installation ne peut se faire en portant le casque. Il faut donc placer le module puis vérifier si tout convient et … recommencer. Plus gênant selon nous : contrairement à la majorité des intercoms, le boîtier de commande EyeLights ne peut être tenu par une pince sur la calotte. Il faudra forcément venir le fixer avec un scotch double face (encore du 3M). Bon point : il tient bien, le boîtier ne partira pas tout seul. Corollaire : il sera délicat de faire passer le système d'un casque à l'autre le jour où l'on en change, ou si on a deux casques. Enfin, la finition du boîtier est un peu en retrait par rapport au prix du système (649 €). On a parfois la sensation d'avoir entre les mains un concept de pur ingénieur ; entendez par là qu'il semblait futile de repenser l'habillage puisque la technique fonctionne. Là encore, c'est un peu dommage pour un produit vendu et non un prototype destiné à des beta-testeurs (voie choisie par In&motion pour son airbag par exemple). En revanche, bon point pour le poids. Avec à peine 150 g mesurés sur la balance, l'impact du EyeLights sur le casque ou son équilibre est vraiment négligeable.

Les intéressantes promesses du logiciel

Système de vision tête haute pour casque de moto et scooter EyeLights : Le GPSSi une évolution matérielle impose de changer celui-ci, le logiciel a cet avantage qu'il peut être mis à jour rapidement. Et, sur ce point, la solution de EyeLights laisse entrevoir des possibilités réjouissantes. Par exemple, la navigation utilise actuellement un système intégré à leur application, basé sur la cartographie Here. Celle-ci est convaincante dans les itinéraires proposés et on peut programmer des roadtrips à plusieurs étapes. L'équipe indique qu'il sera à l'avenir possible d'utiliser les indications d'une autre application GPS (Maps, TomTom ou Waze par exemple). C'est une des évolutions qui est sans doute la plus attendue car cela évitera de devoir lancer plusieurs applis à la fois (Liberty Rider + Waze + EyeLights par exemple), ce qui fait fondre la batterie.

Malgré la déception d'un affichage déporté dans un prisme qui oblige à légèrement relever les yeux pour lire des infos claires et assez réduites en nombre pour ne pas déconcentrer, la solution de EyeLights est sans doute, à ce jour, ce qui se rapproche le plus du casque à affichage intégré que bon nombre de motards attendent. Il reste cependant du chemin à parcourir pour arriver au produit rêvé. Ce système EyeLights est une première version qui devra être retouchée pour, selon nous, trouver un large public. Avec une finition en adéquation avec le tarif et une meilleure intégration logicielle des autres solutions de navigation, le potentiel serait vraiment séduisant. Mais à 649 €, cette version risque de n'attirer que les plus technophiles des motards ainsi que les Early Adopters, prêts à pardonner certains défauts pour pouvoir dire « je l'ai eu dès le départ ».
Vivement la v2.

Et du côté de la loi ? D'après l’article R412-6-2 du Code de la route, « Le fait de placer dans le champ de vision du conducteur d'un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d'un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation est interdit ». En l'état, difficile de voir pourquoi EyeLights ou tout système similaire pourrait être interdit sur ce point précis malgré les interdictions des Google Glass dans d'autres pays. En ce qui concerne l'homologation des casques auxquels on ajoute ce système, c'est potentiellement plus compliqué.

Système de vision tête haute pour casque de moto et scooter EyeLights Module GPS : le prisme face à l'œil droit

Essai publié le mardi 06 février 2018 par Ludovic Vidal Dernière modification le mercredi 07 février 2018

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