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Essai

Est-il possible, pour moins cher qu'un échappement adaptable, de disposer d'un système qui permet de réellement voir clair dans les virages à moto ? Nous avons testé le Swinglight d'Alarmex. Une seule question après l'essai : pourquoi diable personne n'y a pensé plus tôt ?

Feux directionnels moto Alarmex SwinglightQuand le gérant de Alarmex nous a proposé de venir tester les feux directionnels Swinglight en avant-première, nous n'avons pas hésité longtemps. Entre autres parce que, pour être tout à fait honnêtes, la promesse nous semblait trop belle pour être vraie. Pensez donc : une jeune société qui annonce avoir quasiment résolu le cauchemar nocturne des motards avec un système facile à adapter sur n'importe quelle moto à un tarif accessible. Nous sommes donc partis vérifier, guidon en mains, s'il sera bientôt possible de voir là où on pose les yeux et non à l'extérieur du virage. Et nous avons tous été convaincus.

Feux directionnels moto Swinglight : Révolution en vue !

Feux directionnels moto Alarmex SwinglightLe système Swinglight installé sur notre Yamaha MT-09 est une version finalisée à 90 % : l'habillage doit encore être légèrement modifié mais l'encombrement est assez réduit, la lentille comme le bloc moteur étant plutôt compacts (voir la galerie). L'installation aura pris un peu moins d'une heure. Lors de celle-ci, il convient de choisir si les lentilles s'allument automatiquement lorsqu'on passe en plein phare ou manuellement via un interrupteur. Nous reviendrons sur ce point en fin d'article. Sur notre moto non carénée, les feux parviennent à bien s'intégrer aux côtés du phare principal. Sur une sportive carénée, l'installation est sans doute un peu moins heureuse tandis que sur un maxi-trail, on croirait presque à un élément de série. Sur la moto de rallye routier d'un pilote convié au test, la question de l'esthétique ne se pose pas vraiment, l'efficacité primant sur l'aspect. Et de ce côté-ci, le verdict aura été rapide. À l'allumage, les deux lentilles, contrôlées par un module (embarquant un accéléromètre et des gyroscopes) placé sous la selle, se calibrent. Dès lors, leurs faisceaux se placeront au mieux pour éclairer la zone nécessaire. Dans un virage à gauche, la lentille gauche pivote (jusqu'à 45 ° !) pour illuminer l'intérieur du virage tandis que la droite reste dirigée tout droit. Les boîtiers étant légèrement orientés vers le haut, on arrive à éclairer à la fois le point de corde et la zone de sortie. Le phare "normal" de la moto prouve alors qu'il est quasiment inutile, avec son faisceau dans l'axe de la moto et donc, forcément, jamais où l'on en a besoin hors ligne droite.

« C'est le produit qu'on attend depuis toujours en course ». Sur route aussi.

Feux directionnels moto Alarmex SwinglightStéphane Guéguin, pilote de rallye routier participant au Championnat de France et au Moto-Tour, ne tarit pas d'éloge après son tour d'essai sur la sinueuse route des Termes aux abords de Marseille :  « il suffit qu'on pose les yeux là où on voudrait voir clair et le système a déjà déplacé les feux. Il réagit aussi vite qu'on l'espère. C'est vraiment un "plus" pour notre discipline, c'est très sécurisant. » Un constat que nous ne pouvons que confirmer, même dans le cadre d'une utilisation routière. Dans les enchaînements de virages, le fonctionnement semble tout à fait naturel, on en oublie qu'il s'agit de feux ajoutés et non d'un système installé de série. On imagine d'ailleurs sans mal l'avantage marketing qu'un constructeur aurait à proposer le Swinglight sur sa gamme, de la routière au gros trail en passant par le roadster, le nombre de motards devant faire des trajets de nuit en hiver n'étant pas ridicule.
Au niveau de la fiabilité de fonctionnement, le risque devrait être réduit, Alarmex ayant fait le choix d'une pignonnerie métallique et non en plastique. Depuis le test, nos nombreux roulages sous la pluie ont permis de lever les doutes quant à la résistance des lentilles et des moteurs face aux (fortes) averses.

Détails techniques et législatifs

Feux directionnels moto Alarmex SwinglightChaque feu embarque une unique diode de type SMD de 10 W. Le faisceau passe par une lentille qui, actuellement, projette un cône de lumière de 25 ° d'angle. Celui-ci n'est pas "coupé", d'où une gêne importante pour les véhicules croisés qui interdit son utilisation en "code". Lors de sa commercialisation, Swinglight sera équipé de nouvelles lentilles qui concentreront le faisceau en hauteur. Cela rendra l'éclairage encore plus efficace et permettra surtout d'obtenir l'homologation en tant que "feu antibrouillard" qui autorisera donc la vente et le montage. Pour respecter le code de la route, il conviendra cependant de conditionner l'allumage aux feux de route, l'usage des anti-brouillards étant (sauf brouillard), interdit en complément des feux de croisement.
De même, la gestion logicielle sera totalement achevée suite aux diverses remontées d'informations qui ont été faites par les testeurs présents fin septembre. Le déplacement des lentilles sera encore plus fluide et les seuils de déclenchement abaissés. Nous avons en effet remarqué un (très) léger retard en cas de successions de courbes dans lesquels on brusque la moto pour passer d'un angle à l'autre. Les pattes de support, enfin, seront un peu plus épaisses, même si nous n'avons actuellement décelé aucune faiblesse malgré deux démontages.

Sur le papier, les feux directionnels Swinglight semblaient prometteurs et le pari de Alarmex sacrément culotté. Leur essai nous a confirmé que la société marseillaise avait visé juste. Ce produit répond à un réel besoin et ne fait pas les choses à moitié. Les rallymen seront rapidement intéressés par un système qui leur évitera de multiplier les barres de diodes sur le guidon et ceux qui utilisent leur moto (ou leur scooter) au quotidien ou pour de longues sorties se terminant de nuit se demanderont comment personne n'a osé sortir un tel produit plus tôt.
Devant son efficacité, le tarif de 389 € affiché par Alarmex passe de la dépense au réel investissement. Au-delà de la sécurité, aisément perceptible, on gagne également en confort et donc, en concentration puisqu'on limite grandement la fatigue. L'arrivée dans le commerce est prévue pour fin novembre ou début décembre.
Messieurs les fabricants, vous n'auriez pas envie d'offrir ça à vos motos neuves pour Noël ?

Essai publié le mardi 14 octobre 2014 par Ludovic Vidal

Les plus

Efficacité surprenante
Quasiment universel
Tarif concurrentiel

Les moins

Pourquoi pas installé en série ?
Installation délicate sur certaines sportives

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