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Essai

Il est toujours difficile d'évaluer la performance d'un pneu tant ce que l'on recherche au guidon peut varier d'un pilote à l'autre. En lançant le tout nouveau Power RS, Michelin a mis en avant son savoir-faire sportif pour satisfaire Monsieur Toutlemonde. Une réussite ? À 98 %.

Pneu moto route et circuit Michelin Power RSLa première partie de l'essai des Michelin Power RS s'est déroulée sur le circuit de Lurcy-Lévis, dans des conditions difficiles. Arrosé par la pluie pendant deux jours, de rares accalmies m'ont permis d'effectuer quelques boucles sur la Kawasaki ZX-6R qui m'accompagne en compétition [Morgan participe à de nombreuses courses sur route, dont l'Île de Man, ndlr]. Pour être tout à fait honnête, cette première prise de contact n'a pas été concluante. Malgré une montée en température correcte sur l'asphalte froid, j'ai trouvé la période de rodage un peu longue (pour du circuit), notamment à l'avant. Mais les traces d'humidité encore nombreuses et le grip aléatoire pouvaient en être la cause. J'ai donc préféré repousser l'essai à des jours meilleurs, pour parler du pneu uniquement.

Michelin Power RS : Rien à redire en usage sportif sur route

Pneu moto route et circuit Michelin Power RSOui, parce que quand tu testes, il faut que tout soit parfait, que tu puisses lui en mettre une pleine tête, comme rarement tu peux te le permettre dans la vie de tous les jours. Rendez-vous était donc pris sur le tracé du Bourbonnais en cette mi-juin. 25° C dans l'air, un soleil gros comme un sénateur : des conditions idéales pour aller labourer du Bib. Avant d'aller plus loin en terme de performance, le Michelin Power RS est un bon pneu de route, et conviendra à 98 % des motards. Profil neutre, temps de chauffe à la hauteur des machines auxquelles il se destine (3 virages pour poser le genou une fois rodé), je n'ai absolument aucun doute sur ses capacités à satisfaire ceux qui enroulent du câble sur route au guidon de sportives ou de roadsters et qui souhaitent faire un peu de bornes avec le même train de pneu. Le grip à l'arrière est d'un très bon niveau et permettra de rattraper les potes sans arrière-pensée après la pause pipi au sommet du col. Pour les 2 % de furieux (ou de débiles) restants, rescapés des années 90 ou s'étant fait tatouer John McGuinness sur la fesse gauche, la suite de ce test est pour vous.

Un placement parfait mais un grip arrière en retrait quand on force

Pneu moto route et circuit Michelin Power RSLe comportement dynamique des Power RS est excellent. Les pneus apportent de la stabilité sans gréver la maniabilité et la précision de placement est tout simplement parfaite. En revanche, le grip n'a pour l'instant rien d'exceptionnel. Après rectification des pressions (préconisation piste : 2,1 avant et 1,9 arrière à froid, passées aux mêmes valeurs mais à chaud), l'arrière se calme un peu. Avec à peine 130 chevaux et un pneu neuf, je suis quand même assez étonné de mettre la moto en glisse après une grosse dizaine de minutes de roulage. Bien que très linéaire, et donc maîtrisable dans sa façon de dériver, le Michelin Power RS arrière tend à montrer sa limite assez rapidement en utilisation très soutenue sur piste. L'usure est propre et régulière, mais les virgules et les longues traces noires à chaque réaccélération ne permettent pas d'aller chasser un chrono, à défaut d'amuser les copains. On se rend d'ailleurs parfaitement compte des différentes bandes de gommes équipant la carcasse, les flancs boulochant déjà quand la bande centrale reste lisse comme une fesse de bébé.

Un avant qui remonte beaucoup (trop ?) d'infos

Pneu moto route et circuit Michelin Power RSUne fois la limite de l'arrière cernée et la confiance prise, je m'attelle à l'avant. Là, c'est une question de goût, et d'habitude. Si la moto se place parfaitement et se balance linéairement de droite à gauche (pas d'effet d'engagement indésirable), j'ai en revanche peu apprécié l'absence d'amorti plein angle, et le retour d'information trop sec. Je m'explique : une fois sur l'angle, genou au sol et bave aux lèvres, les suspensions de la moto ne peuvent plus faire grand chose pour absorber les défauts de l'asphalte. Le pneu va donc devoir encaisser ces défauts et dans un monde parfait, en absorber une partie pour permettre de conserver du grip (en maintenant le contact au sol) tout en renvoyant les informations au pilote. Et sur ce point, le Power RS envoie beaucoup d'infos. Beaucoup trop.
Sur du bosselé, le pneu à tendance à rebondir sans rien absorber, renvoyant avec vivacité toute la route (ou la piste) dans le guidon, limitant donc l'envie d'aller explorer un peu plus loin. Et tout comme à l'arrière, l'avant finit par crier famine quand la température s'élève un peu. Le niveau de grip n'est donc pas à la hauteur pour une vraie utilisation circuit et plusieurs pertes de l'avant — là encore prévenantes et linéaires — une fois les gommards bien chauds ont fini par calmer mes ardeurs sur piste. Cependant une fois ce niveau atteint, les performances ne s'effondrent pas et restent stables. J'aurais juste aimé une constance à un plus haut niveau en terme de grip pour pouvoir prendre mon pied mais la polyvalence d'un pneu de route est à ce prix, ce qui n'est pas une nouveauté.

Alors, qu'en penser ? Que les hommes et femmes de Clermont ont fait du bon travail et je dirais même un travail à l'image d'Honda. En effet, quand le constructeur ailé fabrique une sportive, elle est d'abord pensée pour la route, et pour son utilisateur. Elle n'est pas la plus fantastique à piloter, n'a jamais les meilleures chiffres de sa catégorie, mais se révèle toujours la plus adaptée à son milieu et la plus évidente à prendre en main. À mes yeux, le Power RS entre dans cette même catégorie. Capable de vous emmener en vacances et de poser le genou dès la 3e épingle du col, ce pneu sportif n'est simplement pas un pur pneu de piste. Ses capacités dynamiques permettront à tout le monde de savourer les joies de la conduite sportive, et occasionnellement du circuit, sur une journée de roulage. Les bourrins et les affamés eux, se dirigeront plutôt vers une gamme plus racing, à moins de s'amuser à vouloir jouer les Garry McCoy !

Pneu moto route et circuit Michelin Power RS

Équipement porté durant cet essai : casque Shoei X-Spirit III, combinaison RST TracTech Evo II, gants RST TracTech Evo Race et bottes Alpinestars S-MX 6.

Photos : Cyril Reveret, Morgan Govignon

Essai publié le jeudi 22 juin 2017 par Mickaël Giron

Les plus

Comportement dynamique
Stabilité
Prévenant et linéaire à la glisse
Temps de chauffe

Les moins

Grip insuffisant à la très grosse attaque
Absorption des irrégularités plein angle
Flèche de rotation minuscule quand tu montes ton pneu (grrrrr !)
Temps de rodage

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